Published On: mer, Nov 7th, 2018

Le problème n’est pas d’ajouter ou de retrancher une heure mais de respecter l’horaire

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Par Mustapha Jmahri (écrivain)–

Récemment les Marocains ont suivi et participé au débat tumultueux engendré par l’adoption par le gouvernement du projet de décret pour le « maintien permanent de l’heure d’été en vigueur ». Loin de spéculer sur les diverses positions pour ou contre, j’invite les lecteurs à aller au fond du problème. En effet, l’expérience a montré depuis belle lurette que l’horaire administratif, qu’il soit avancé ou retardé d’une heure, n’est nullement respecté dans les administrations marocaines y compris dans certains établissements d’enseignement.

Donc, à mon avis, en tant qu’écrivain mais aussi en tant que retraité ayant exercé plus d’une trentaine d’années, le grand défi auquel se heurte notre administration c’est le non-respect de l’horaire. Ceci n’est un secret pour personne car il suffit de s’adresser à 8.30h à n’importe quelle administration locale, régionale ou nationale pour constater que les portes sont ouvertes mais que les fonctionnaires ne sont pas fonctionnels à cette heure-ci et qu’il faut bien plus d’une trentaine de minutes pour que tout le monde prenne place dans les différents bureaux. En pratique aussi, les fonctionnaires commencent à quitter leurs bureaux pour aller déjeuner ou pour chercher leurs enfants aux écoles à partir de 11.30h et ce, en dépit de l’horaire continu. Après le déjeuner l’administration fonctionnera selon le bon vouloir des uns et des autres.

A Rabat, capitale du Maroc, j’ai pu constater à plusieurs reprises que beaucoup de cafés du centre-ville sont remplis de fonctionnaires cravatés qui ont quitté leurs bureaux pour aller siroter une boisson. Sachant que certains perçoivent un salaire conséquent, n’est-il pas honteux de les voir se permettre de telles libertés alors même que plusieurs de leurs semblables diplômés mais chômeurs manifestent, à quelques mètres de là, devant le Parlement ?

Ainsi le problème n’est pas l’heure à ajouter ou à retrancher puisque, en fin de compte, le résultat restera le même c’est-à-dire le statu quo du non-respect de l’horaire. Je pense à ce que disait déjà le Français Georges Clemenceau : « L’administration est un lieu où les gens qui arrivent en retard croisent ceux qui partent en avance ».

Le respect de l’assiduité peut être considéré à l’heure actuelle comme le grand défi qu’il faudrait relever d’abord par une grande fermeté de la part des différents dirigeants de la hiérarchie administrative mais aussi par l’instauration d’une nouvelle culture du devoir et du service.

jmahrim@yahoo.fr

 

 

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