Published On: mer, sept 5th, 2018

FOSHA OU DARIJA ?

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By :  Ahmed BENHIMA-_-_Sans titre 1
Le problème de l’enseignement,  dans notre pays, est trop important pour être réduit à un simple embarras de choix entre une langue et un dialecte et  le  débat  autour de ce sujet  est  superflu pour plus d’une raison.  La question de la langue est réglée par la constitution. Puis, en pratique,  les enseignants  recourent systématiquement au darija pour simplifier la compréhension.  Ce sont autant de  motifs qui nous font dire que cette controverse est destinée à faire diversion et à éloigner de l’essentiel.
En effet, nous en sommes au troisième acte d’une  plaisanterie, d’une comédie monumentale qui a pour titre : « le choix de la langue d’enseignement ». Il y a eu un temps pour la confrontation arabe /français jusqu’au jour où la langue française a imposé sa suprématie aussi bien pour les études  qualifiantes que pour l’insertion professionnelle réussie. Ensuite, nous sommes passés au deuxième acte, celui de  la confrontation entre l’arabe et l’amazigh, jusqu’au jour où  ce dernier   s’est  assuré un statut confortable de langue officielle. Puis nous avons entamé  le troisième acte, celui de la confrontation entre l’arabe et le darija. Mais le darija, comme l’ont démontré les éminents professeurs Moussa CHAMI et Abdallah LAROUI, est  la langue des cultures orales, il ne lui faudra pas moins de  soixante ou quatre  vingts  ans  environ  de chance et de travail pour se transformer en une  langue  naissante à l’usage d’une partie d’un  peuple et d’un pays uniques qui couperont  tout lien avec  un monde vaste, une langue et une culture plusieurs fois millénaires.
« Dans tous les pays du monde, il y a des problèmes d’enseignement »  faisait remarquer à juste raison  Professeur LAROU I. Nous  préciserons, cependant, que ces problèmes ne sont  ni de même nature, ni  de même importance. Dans les pays développés, la difficulté vient de ce que  malgré les moyens considérables disponibles, on ne parvient plus  à  accompagner et à maîtriser la production des  savoirs tant celle-ci est rapide et abondante.  Dans nos pauvres pays où nous ne produisons pas de savoir et  où nous  n’en consommons qu’une quantité infime,  il s’agit de tout autre chose.  Nos difficultés, ce sont les choix irrationnels et impopulaires, ce sont les gestions chaotiques, c’est  l’analphabétisme et la déperdition scolaire qui ne se résorbent que dans les discours officiels, ce sont les injustices  criantes.  Les établissements d’enseignement privé à vocation sauvagement commerciale prolifèrent au point où l’on dénombre, aujourd’hui, autant de types d’enseignements qu’il y a de types de fortunes ou de misères. Que devient, dans ces conditions, l’égalité des chances ? Comment faire pour passer d’une culture envahissante de fortune et de « piston » à une culture rare de mérite, qui mettrait tous les marocains au même pied d’égalité? Notre gêne vient de ce que nous ne percevons encore, en perspective, aucun signe de volonté sincère et réelle de réforme, aucun chantier prometteur de changement. Face à l’inertie du gouvernement, nous n’envisageons plus, pour sortir de cette impasse, qu’une action de nature associative, différente toutefois de celle de M. AYOUCH, qui a surpassé son droit de participation au débat national pour s’improviser et s’imposer linguiste et responsable de la modification du profil linguistique du pays.

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