Published On: jeu, mai 10th, 2018

Festival International Malhounyat 2018

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L’Association Provinciale des Affaires Culturelles d’El Jadida, en partenariat avec la Province d’El Jadida, la Commune d’Azemmour et avec le soutien du Conseil Provinciale et du Groupe OCP, organise la 8ème édition du Festival International Malhounyat. Cela du 24 au 27 Mai 2018, à la place Abraham Moul Niss Azemmour, sous le thème : «l’art du Malhoun marocain : entre les manifestations de la spécificité et de la singularité et les traits du rayonnement et de la dissémination».

Cette 8ème édition du festival porte le nom du Dr Abbès Jirari, en reconnaissance des précieux services et des efforts considérables qu’il a consentis pour assoir les bases de la recherche scientifique des études relatives à la poésie du Malhoun au Maroc, ainsi que l’appui qu’il a apporté à toutes les initiatives locales qui s’intéressent à ce riche patrimoine marocain et qui le célèbrent. Outre sa supervision directe du projet important que constitue la sortie de « l’Encyclopédie du Malhoun », publiée par l’Académie du Royaume du Maroc.

Vers la préservation et la conservation du Malhoun en tant que patrimoine culturel immatériel

Il est important de souligner que la poésie du Malhoun est apparu au début avec ses signes précurseurs à l’époque almoravide et almohade, avec des poètes tels que Ibn Gharla, Abd al-Mu’min al-Muahidi, Maimon ibn Khabaza, Muhammad ibn Hassoun, Ibn al-Sab’een et Al-Qafif al-Zarhouni, ainsi que d’autres poètes tel que mentionné par l’honorable Dr. Abbès Jirari dans son introduction à l’Encyclopédie du Malhoun. Cependant, une telle poésie n’a pris véritablement forme et n’a atteint le sommet de sa créativité qu’au cours des 18ème et 19ème siècles où sa métrique a été parachevée et ses objectifs, ses expressions, et ses formes de styles et de rhétorique affinées.

Ceci a eu lieu au cours d’une période qualifiée, par ceux qui étudient la littérature arabe et qui en font la critique, de période de décadence et de torpeur. Cependant, le Maroc a connu au cours de la même période un développement sans précédent de la créativité poétique du Malhoun à laquelle ont pris part les savants, les oulémas, les artisans, les ministres, et les sultans. Ainsi les places, les marchés, les confréries et les Cours comptaient un nombre considérable de poètes du Malhoun, de ceux qui l’apprenaient par cœur, le récitaient et en maîtrisaient les styles. Cette phase de l’histoire du Malhoun a été appelée « la période prolifique des cheikhs ».

La poésie du Malhoun a constitué le miroir de la société marocaine, et les poètes ont ainsi pu résumer leurs expériences et en tirer la morale et les leçons grâce à leur grande sensibilité et leur entière interaction avec les questions concernant toutes les catégories sociales. La poésie Malhoun a contribué à adoucir les mœurs et à révéler la beauté en toute chose, une prodigieuse reproduction de la beauté qui aspire à orienter les êtres humains vers une coexistence harmonieuse et équilibrée avec leur environnement, et leur présenter l’ensemble des connaissances et compétences religieuses et temporelles pour les éloigner de la solitude, de l’incertitude, de la déviation et de la perdition.

Le Malhoun a ainsi constitué un état de communion que la société marocaine vivait de façon constante pendant les instants de bonheur comme de tristesse, à des fins d’apprentissage comme de loisirs, pour plaisanter comme pour aborder les choses sérieuses, en état de quiétude comme de préoccupation. Par conséquent, le poète du Malhoun n’a laissé aucune situation humaine ou liée à la nature sans qu’il ne s’y implique. Et c’est là que réside la force du Malhoun qui l’a transformé d’une simple poésie et créativité à une épopée sociale dans laquelle chacun y trouve, quel que soit son sexe, son âge, et ses capacités d’écoute, un moyen d’expression des sentiments qu’il ressent, et le Malhoun est ainsi passé du statut de simple poésie et littérature pour devenir une culture de société qui encadre, oriente, rassemble et motive toutes les composantes du peuple marocain.

Dans le même sens et afin de préserver cet héritage culturel authentique, pas seulement en tant que création, mais également comme un patrimoine artistique qui caractérise la société marocaine à travers des rituels et des coutumes festifs, l’Académie du Royaume du Maroc, sous la supervision d’un comité scientifique présidé par l’honorable Dr Abbès Jirari, a lancé une initiative importante pour l’enregistrement du Malhoun sur la liste du patrimoine culturel immatériel auprès de l’UNESCO, en collaboration avec le ministère de la culture, le 9 janvier 2018.

La poésie du Malhoun a représenté à travers les siècles l’art préféré des marocains et le recueil dans lequel ils ont inscrit les faits et gestes de toute une société, y ont consigné leurs préoccupations et leur joie, leur état d’âme et leurs expériences, et en ont fait un grand espace de l’éloquence, de la communication, de la joute verbale, du dialogue, de l’argumentation, de la correspondance, de l’imitation, du plaidoyer, du spectacle, de l’adoration, de l’imaginaire et de la prospective. L’art du Malhoun a mérité ainsi d’être un art créatif, une mémoire historique et une culture de société qui reflète la personnalité marocaine et permet de célébrer les sentiments religieux et nationalistes ressentis par les marocains, comme décrit dans la lettre royale adressée par Sa Majesté le Roi Mohamed VI au secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc à l’occasion de la publication du recueil du poète Thami Elamdaghri le 18 mars 2010.

Nous avons besoin aujourd’hui de préserver ce patrimoine culturel afin de conserver l’identité culturelle marocaine multiple dans le cadre les constances de notre nation qui en garantissent l’unité. Il s’agit d’un processus qui a commencé cela fait des décennies grâce à l’institutionnalisation du Malhoun comme faisant partie des études de la littérature marocaine par son fin-connaisseur l’honorable Dr Abbès Jirari, qui le considère comme une partie intégrante de cette littérature, étant intimement convaincu de la nécessité d’en révéler les secrets, de l’étudier et le préserver pour qu’il ne se perde pas. Nous avons aujourd’hui le devoir, en tant que citoyens, de contribuer à ces efforts en les soutenant et en éliminant toutes les difficultés auxquelles ils se retrouvent confronté loin des intérêts personnels étroits.

nh

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ZAKIA AALLA

aalla.zakia@gmail.com

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